Accueil du site > Ressources élève > Français > Brevet > Nouveaux exercices de réécriture

Brevet

Nouveaux exercices de réécriture

vendredi 20 mars 2009



NOUVEAUX EXERCICES DE RÉÉCRITURE

 

Présentation de l’épreuve :

La « réécriture » est proposée au brevet, à la fin de la première partie de l’épreuve de français. On vous demande de réécrire un extrait en modifiant un ou plusieurs paramètre(s) du texte (en général, le temps des verbes ou le sujet). Ce n’est pas un exercice difficile, mais il exige de la concentration et de la rigueur. Pour cette raison, il vous est conseillé de le faire au début. Avant de passer à la suite, n’oubliez pas de relire votre travail pour corriger les oublis de mots (et d’accents !) et les incohérences de transformation. 

 

Entraînement :

Comme dit le proverbe, « C’est en forgeant que l’on devient forgeron » ! Les exercices ci-dessous vous permettent de vous entraîner à votre rythme. Une correction est proposée à la fin de l’article avec l’explication des points difficiles pour chaque texte.

 

 

 

TEXTE 1 : L’autobiographie

Ma seule consolation, quand je montais me coucher, était que maman viendrait m’embrasser quand je serais dans mon lit. Mais ce bonsoir durait si peu de temps, elle redescendait si vite, que le moment où je l’entendais monter, puis où passait dans le couloir à double porte le bruit léger de sa robe de jardin de mousseline bleue […], était pour moi un moment douloureux. Il annonçait celui qui allait le suivre, où elle m’aurait quitté, où elle serait redescendue. De sorte que ce bonsoir que j’aimais tant, j’en arrivais à souhaiter qu’il vînt le plus tard possible, à ce que se prolongeât le temps de répit où maman n’était pas encore venue.

Marcel Proust, Du côté de chez Swann (1913)

 

Consigne : Réécrivez le texte en commençant par : « Ma seule consolation, quand je monte me coucher… » et effectuez par la suite toutes les modifications nécessaires.

 

 

 

 

TEXTE 2 : L’autobiographie (2)

Tout à coup, le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé et de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté […].

Marcel Proust, Du côté de chez Swann (1913)

 

Consigne : Sans modifier le temps des verbes, réécrivez ce texte comme si le point de vue adopté n’était pas interne, mais externe ou omniscient.

 

  

 

TEXTE 3 : Le roman

- Je ne trouve rien d’admirable comme les soleils couchants, reprit Emma, mais au bord de la mer, surtout.

- Oh ! J’adore la mer, dit M. Léon.

[…]

- Il en est de même des paysages de montagnes, reprit Léon. J’ai un cousin qui a voyagé en Suisse l’année dernière, et qui me disait qu’on ne peut se figurer la poésie des lacs, le charme des cascades, l’effet gigantesque des glaciers. […] Aussi je ne m’étonne plus de ce musicien célèbre qui, pour exciter mieux son imagination, avait coutume d’aller jouer du piano devant quelque site imposant.

Gustave Flaubert, Madame Bovary (1857)

 

Consigne : Réécrivez ce dialogue au style indirect et indirect libre, en modifiant si nécessaire les verbes de parole employés pour introduire les propos des deux personnages.

 

  

 

TEXTE 4 : La narration épistolaire

Je fus samedi à Versailles avec les Villars. […] Je saluai le Roi, comme vous me l’avez appris ; il me rendit mon salut, comme si j’avais été jeune et belle. La Reine me parla longtemps de ma maladie. Elle me parla aussi de vous. Monsieur le duc me fit mille de ces caresses à quoi il ne pense pas. Le maréchal de Lorges m’attaqua sous le nom [à propos] du chevalier de Grignan […]. Mme de Montespan me parla de Bourbon, et me pria de lui conter Vichy […].

Madame de Sévigné, Lettres (1676)

 

Consigne : Réécrivez le texte en mettant au passé composé les verbes qui sont au passé simple. Vous noterez que la lettre est écrite par une femme qui s’adresse à sa fille.

 

 

 

 

 Corrigés, conseils et explications :

 

 

Texte 1 :

La principale difficulté de cet exercice, c’est ce qu’on appelle « la concordance des temps », puisqu’il vous est demandé de transposer ce texte au passé dans le système du présent. Le tableau ci-dessous vous indique les transformations verbales à effectuer :

 

Système du passé

Imparfait / Passé simple

(ex : montais)

Plus que parfait

(ex : avait été)

Conditionnel

(ex : serait)

Système du présent

Présent

(ex : monte)

Passé composé

(ex : a été)

Futur

(ex : sera)

 

Correction proposée :

Ma seule consolation, quand je monte me coucher, est que maman viendra m’embrasser quand je serai dans mon lit. Mais ce bonsoir dure si peu de temps, elle redescend si vite, que le moment où je l’entends monter, puis où passe dans le couloir à double porte le bruit léger de sa robe de jardin de mousseline bleue […], est pour moi un moment douloureux. Il annonce celui qui va le suivre, où elle m’aura quitté, où elle sera redescendue. De sorte que ce bonsoir que j’aime tant, j’en arrive à souhaiter qu’il vienne le plus tard possible, à ce que se prolonge le temps de répit où maman n’est pas encore venue.

 

 Remarque complémentaire :

l deux subjonctifs imparfaits dans ce texte : « qu’il vînt » et « que se prolongeât », qu’il faudra mettre au subjonctif présent : « qu’il vienne » et « que se prolonge ».

 

 

Texte 2 :

Ici, on vous demande de changer le point de vue du texte. Le point de vue interne est presque toujours retranscrit à la première personne (« je »). Réécrire le texte au point de vue externe ou omniscient implique de remplacer la permière personne par la troisième (« il »).

 

Correction proposée :

Tout à coup, le souvenir lui est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là il ne sortait pas avant l’heure de la messe), quand il allait lui dire bonjour dans sa chambre, sa tante Léonie lui offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé et de tilleul. La vue de la petite madeleine ne lui avait rien rappelé avant qu’il n’y eût goûté […].

 

 Remarque complémentaire :

l attention au subjonctif plus que parfait ici (« qu’il n’y eusse goûté ») : penser à l’accent circonflexe à la troisième personne (« eût »).

 

Texte 3 :

Dans cet exercice vous devez aussi respecter la concordance des temps (voir tableau ci-dessus), puisque les verbes de parole introducteurs sont au passé : nous sommes donc dans le système du passé.

 

Correction proposée :

Emma déclara qu’elle ne trouvait rien d’admirable comme les soleils couchants, mais surtout au bord de la mer. Léon ajouta qu’il adorait la mer. […] Il reprit qu’il en était de même des paysages de montagnes. Il avait un cousin qui avait voyagé en Suisse l’année dernière, et qui lui disait qu’on ne pouvait se figurer la poésie des lacs, le charme des cascades, l’effet gigantesque des glaciers. […] Aussi il ne s’étonnait plus de ce musicien célèbre qui, pour exciter mieux son imagination, avait coutume d’aller jouer du piano devant quelque site imposant.

 

 Remarque complémentaire :

l « Il avait un cousin […] site imposant » : ce passage est au style indirect libre, c’est-à-dire qu’il n’est pas introduit par un verbe de parole.

 

Texte 4 :

Attention, la modification ici ne porte que sur les verbes au passé simple : commencez par les surligner sur votre sujet et ne transformez que ceux-là !

 

Correction proposée :

J’ai été samedi à Versailles avec les Villars. […] J’ai salué le Roi, comme vous me l’avez appris ; il m’a rendu mon salut, comme si j’avais été jeune et belle. La Reine m’a parlé longtemps de ma maladie. Elle m’a parlé aussi de vous. Monsieur le duc m’a fait mille de ces caresses à quoi il ne pense pas. Le maréchal de Lorges m’a attaquée sous le nom [à propos] du chevalier de Grignan […]. Mme de Montespan m’a parlé de Bourbon, et m’a priée de lui conter Vichy […].

 

 

 Remarque complémentaire :

l  Il faut faire attention ici à l’accord du participe passé après l’auxiliaire avoir quand le COD est placé avant : c’est le cas de « m’a attaquée » et de « m’a priée », puisque le pronom « m’ » désigne une femme. Pas d’accord cependant pour « m’a parlé », car le pronom « m’ » est un COI et non un COD (parler à qqu).



Derniers articles pour « Ressources élève » :


 

Collège Alexandre Dumas, 37 traverse Gibraltar - 13014 Marseille — Responsable de publication : M. LONGUET
Dernière mise à jour : jeudi 10 juillet 2014 — Tous droits réservés © Académie d'Aix-Marseille 2008-2014
Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | S'authentifier | Espace privé | Site réalisé avec SPIP